Entreprises

Défaillances d’entreprises : ce que disent vraiment les derniers chiffres

La Banque de France comptait 70 077 défaillances sur douze mois à fin mai 2026. Un niveau élevé, mais qui doit se lire avec les créations d’entreprises, les secteurs et la méthode de calcul.

Blocs d’entreprise en équilibre, dont l’un est soutenu par une pièce de laiton : illustration des défaillances et de la résilience des sociétés.

Les défaillances restent nombreuses en France, mais un total brut ne suffit pas à conclure à un effondrement général du tissu productif. Il faut regarder la période retenue, les secteurs touchés et la démographie des entreprises dans son ensemble.

Un niveau encore supérieur à la période d’avant-crise

À fin mai 2026, la Banque de France recensait 70 077 défaillances cumulées sur douze mois, soit 4,4 % de plus qu’un an auparavant et 18,1 % au-dessus de la moyenne 2010-2019. Le chiffre est en léger recul par rapport à avril, où il avait atteint 70 257. « Stabilisation » décrit donc le mouvement du mois ; cela ne signifie pas que le niveau est revenu à la normale.

La comparaison avec la moyenne historique apporte un repère, mais elle ne mesure pas à elle seule la probabilité de défaillance d’une entreprise. Le nombre d’entreprises en activité a lui aussi augmenté : l’Insee recensait plus de 1,2 million de créations sur douze mois à fin mai, en hausse de 10 % sur un an. Les créations et les défaillances sont deux flux distincts, et une création ne compense pas automatiquement une fermeture en emplois, en chiffre d’affaires ou en savoir-faire.

Les écarts sectoriels changent la lecture

Le cumul de douze mois diminue notamment dans la construction et les transports par rapport au mois précédent. En comparaison avec la moyenne 2010-2019, les défaillances restent en revanche nettement plus hautes dans le transport et l’entreposage, l’information-communication, les activités financières et immobilières, ainsi que les services aux entreprises. L’hébergement-restauration demeure également au-dessus de son repère historique. Ces profils différents interdisent de parler d’une crise uniforme.

Une défaillance n’est pas un indicateur instantané de santé

Les statistiques portent sur des unités légales et sont révisées lorsque des jugements sont enregistrés avec retard. Elles ne disent pas directement combien d’emplois sont menacés, ni si les difficultés proviennent d’un choc temporaire, d’une dette devenue trop coûteuse, d’une baisse de demande ou d’un modèle déjà fragile. Pour apprécier un secteur, il faut les rapprocher de la création d’entreprises, de l’emploi, du crédit et des délais de paiement.

Pour les dirigeants et leurs partenaires, la conclusion pratique n’est pas de prévoir une faillite à partir d’un chiffre national, mais de suivre les signaux propres à l’activité : retards clients, carnet de commandes, besoin en fonds de roulement et accès au crédit. Le risque macroéconomique s’observe dans les agrégats ; la décision se prend à partir des comptes et flux de trésorerie de chaque société.

Sources et méthode

La série est un cumul glissant de douze mois, en données brutes ; elle ne se confond pas avec un taux de faillite rapporté au nombre d’entreprises. Les chiffres peuvent être révisés.

Gérer mes cookies